Les Représailles de Louis XVIII

19 08 2007

3 mai 1814 : Louis XVIII revient pour la première fois à Paris, ce sont les vieux grognards qui constituent sa garde d’honneur. Ecoutons Chateaubriand : Je ne crois pas que figures humaines aient jamais exprimé quelque chose d’aussi menaçant et d’aussi terribles. Ces grenadiers couverts de blessures, vainqueurs de l’Europe, qui avaient vu ant de milliers de boulets passer sur leurs têtes, qui setaient le feu et à la poudre ; ces mêmes hommes, privés de leur capitaine, étaient forcés desaluer un vieux roi, invalide du temps, non de la guerre, surveillés qu’ils étaient par une armée de Ruesses, d’autrichiens et de prussiens, dans la capitale envahie de Napoléon. les uns, agitant la peau de leur front, faisaient descendre leur large bonnet à poils sur leurs yeux comme pour ne pas voir ; les autres abaissaient les deux coins de leur bouche dans le mépris de la rage ; les autres, à travers leurs moustaches, laissaient voir leurs dents comme des tigres. Quand ils présentaient les armes, c’éait avc un mouvement de fureur, et le bruit de ces rmes daisait trembler. Jamais, il faut en convenir, hommes  n’ont été mis à une pareille épreuve et n’ont souffert un tel  supplice. Si dans ce moment ils eussent été appelés à la vengeance, il aurait fallu les  exterminer jusqu’au dernier,  où   ils   auraient   mangé  la    terre.                                                                                                                                                                    

Le roi ne peut guère garder à son service de tels hommes. Aussi, le 12 mai, une ordonnance royale réduit de moitié le nombre des régiments d’infanterie et diminue les unités des autres armes. Un nombre considérables de postes d’officiers sont ainsi supprimés.

Le 1er mars 1815, Napoléon revient de l’île d’Elbe en débarquant à Golfe-Juan. Les Cent-Jours commencent. Si, en apprenat la nouvelle, quelques officiers restent fidèles, malgré tout, à Louis XVIII, la majorité de l’armée se rallie à l’Empereur. Le roi doit quitter Paris et se régugier en Belgique, à Gand ; mais ce n’est que pour un court moment : Waterloo met fin définitivement au règne de Napoléon et Louis XVIII revient dans la capitale Française pour toujours, et, cette fois, il compte se montrer bien plus dur envers les soldats de son rival.

Les premières représailles tombent le 1er août : Ce jour-là, une ordonnance annule toutes le spromotions des Cent-Jours privant d’un grade ou d’une croix ceux qui s’étaient battus bravement en Belgique. Le 3, les officiers sublaternes en non-activités touchent désormais les 4/5emes de leur traitement. Le 9 novembre, une loi autorise les tribunaux à priver en tout ou en partie de leur traitement ou pension les individus « convaincus d’avoir invoqué le nom de l’usurpateur« . Le 8 janvier 1816, les difficultés du Trésor font maintenir en demi-solde les officiers rentrés dans leurs foyers. Mais la vengeance du roi ne s’arrête pas là : Certains des invalides du Premier Empire qui bénéficiaient jusque là d’une pension voient celle-ci se réduire de moitié ;  d’autres, comme Joseph Guillaume Mouret, retiré en 1810 avec le grade de capitaine, demeura en 1818 pendant pus de 7 mois sans toucher sa solde de retraite. Pancrace Parraud fut, lui, prié d’entrer au service de la vétérance en dépit de ses infirmités et de ses 2 enfants en bas âge, il refuse finalement de se plier à cette exigence et perd sa pension. En 1822, les veuves de militaires ne peuvent prétendre à une pension que si elles ont été mariées 5 ans avant la cessation d’activité de leur époux et si celui-ci a eu au moins 20 ans d’activités et qu’il ait rendu à l’etat des services éminents, reconnus par décision spéciales du roi.  Inutile de dire que les veuves de militaire de l’Empire n’avaient que peu de chances de se voir s’accorder une pension.

Le roi, en agissant ainsi, cherche à faire le plus possible, oublier les vétérans de Napoléon 1er, à fairedisparaître toutes traces d’eux ; mais c’est l’effet inverse qui est obtenu. Les romanciers, comme Balzac, s’emparent de ces personnages en en faisant des légendes.

Le duc d’Orléans comprend très vite le parti qu’il peut tirer en venant au secours de ces « vieux débris de la Grande Armée », et ces agents leur rendent souvent visite. Louis-Philippe se fait ainsi de nombreux partisans parmi les gens du peuple. En 1831, A partir de 1831, alors qu’il sera devenu « Roi des Français », le sort des vétérans commencera à s’améliorer enfin.

 Les Représailles de Louis XVIII dans De la chute a la Resurrection demi-s10 

Un groupe d’anciens de la Grande Armée discutant entre eux 

Source : Natalie Petiteau : Lendemains d’Empire, les soldats de Napoléon dans la France du XIXe siècle


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