De la décoration du Lys à la Ste-Hélène

16 09 2007

De 1792 à 1815, l’Europe se ligua contre la France révolutionnaire, d’abord, consulaire et Impériale ensuite. Après la chute de Napoléon Ier, les divers gouvernements, à commencer par l’Espagne, distribuèrent des croix et des médailles commémoratives.

En France, il n’était évidemment pas question pour Louis XVIII de faire une médaille récompensant les soldats de Napoléon Ier, ces derniers l’ayant, à travers l’étranger, combattu pendant près de 20 ans. Par contre, dès 1815, il instaura la décoration du Lys, récompensant tous ceux qui lui étaient restés fidèles et avaient combattu de quelques façons que ce soit celui que les nobles appelaient l’Usurpateur. Toutefois, parmi ceux qui eurent cette décoration on trouve d’anciens officiers de Napoléon 1er qui avaient accompagné le roi à Gand. L’ officier de la Révolution et de l’Empire dont on ne s’attendait sûrement  pas à ce qu’il ait cette médaille, et qui dut probablement révolter les Vendéens si jamais ceux-ci l’apprirent, n’est autre que le général Turreau, celui des « colonnes infernales« . Certes, celui-ci s’était rallié au roi en 1814, comme beaucoup d’autres généraux d’ailleurs, mais tout de même…………

Pour Charles X, à son accession au trône, tout comme pour son frère Louis XVIII, il n’était évidemment pas question non plus de récompenser de quelques façons que ce soit les vétérans de la Grande Epopée. Quand à Louis-Philippe, si il fit ramener les cendres de l’Empereur, il toléra à peine le port des commémoratives non-officielles philantropiques, dont la plus connue est celle des Débris de l’Empire…On en portait de semblables en Belgique et parmi les Polonais.  Peut-être l’attitude de Louis-Philippe s’explique par le fait que la formidable liesse qui s’empara des Français lors du retour du corps de Napoléon Ier dut lui faire penser qu’il y aurait danger à faire plus pour la mémoire de l’Empereur. Après tout, n’avait-il pas aussi, dès le début de son règne, fait réinstaller la statue de l’Empereur sur la colonne Vendôme ?

reuniond'anciens

Réunion d’anciens grognards.

En 1847, de son côté, en Angleterre, la reine Victoria créa une médaille commémorative pour les soldats britanniques ayant combattu de 1795 à 1814 ;   les combattants de Waterloo en disposèrent déjà d’une  11 jours après la bataille.

Le Prince-Président, Louis-Napoléon Bonaparte, désirait depuis longtemps honorer les anciens militaires de la Révolution et de l’Empire. toutefois, il dut attendre son coup d’état du 2.12.1851 pour pouvoir intervenir en leur faveur. Dès le 14, était créée une mesure de secours viagers pour les anciens combattants sans ressources, en fonction de leur âge, de leurs années de service et de leus blessures. Ainsi furent secourus 651 octogénaires, 4022 septuagénaires et 6360 sexagénaire soit 11033 pensionnés.

Le 14.02.1852, un nommé Jean-Baptiste Schweitzer, ancien économe des hôpitaix de toulon et ex-capitaine de la Garde Nationale, écrivit aux pouvoirs publics une lettre dans laquelle il estimait que l’Armée Impériale a été dénigrée, et pour réparer les « injures » qui lui ont été faites, il proposait de se servir des canons enlevés aux ennemis pr les anciens soldats pour faire fraper des médailles qui serviront à décorer tous ceux qui pourront justifier d’une camagne. La médaile de Ste-Hélène était dans l’air.

JYL27

Sources : S.B.E.N. (article de J. Declercq) ; J.E.C.O.D. (art. du dr. P. Roger) ; C.F.F.H. (art. de Jean Fougère) Archives dépatementales de l’Eure, côte 7R ; Dictionnaire du Second Empire dirigé par Jean Tulard.


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