• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 26 septembre 2007

La vie quotidienne aux Invalides en 1840 (1) : Traitements apportés aux vétérans

26092007

Les Invalides doivent beaucoup à Napoléon. Depuis son règne, ils sont traités come des princes, et plus heureux que des princes,ar ils sont à l’abri des révolutions. la dotatin d’un milion huit cent mille francs qu’il leur avait constituée a cessé de leur appartenir, mais ils ont leur quote-part du budget. leur grand consei administratif et leur état-major se composent de personnes honorées et dignes de l’être. Il leur  est alloué une paie de 3 francs par mois (les anciens disent 3 livres) à la charge de donner un sou par barbe au perruquier qui les rase. Leurs tables sont garnies 2 fois ar jour, à dix heures et à quatre heures, de soupes succulentes et de ragoûts habilement assaisonnés. L’ordinaire est de 2 plats pour les soldats, de 3 pour les officiers. Le maigre exclusif est inconnu dans l’h'ôtel, même le vendredi saint. le menu de chaque mois, dressé par l’état-major, signé par le maréchal gouverneur, est affiché dans les réfectoires et soumis à la censure des intéressés. Sitôt que le tambour a donné le signal du repas, un cliquetis de casseroles ébranle les cuisines ; de grandes flammes s’élançent des fourneaux, et projettent de rougeâtres clartés sur le cuivre des chaudières. L’argenterie des officiers, présent de l’impératrice Marie-Louise, sort propre et luisante de son armoire. Des légions de cuisiniers, de marmitons, de garçons de tables entassent les mets sur desbrancards, sur des camions, et les portent ou les voiturent jusqu’à la salle du festin.

Exercent-ils des métiers hors de l’hôtel ; sont-ils concierges par eux-mêmes ou par leurs femmes, les invalides, pourvu que leur conduite soit régulière, obtiennent aisément la faculté d’emporter leurs rations quotidiennes, et de les partager avec leurs familles la dscipline à laquell ils obéissent est d’une élasticité ommode. Etre présents à l’appel àneuf heures du soir, quand ils n’ont pas l’autorisation de découcher, assiter en bonne tenue à l’inspection mensuelle, s’armer de leurs sabres quand ils sont de service, voilà à près tout ce qu’on exige d’eux. Ils se lèvent, rentrent, sortent, vont et viennent à volonté. On en rencontre dans tous les coins de Paris, appuyés sur leur canne, ou la prtant suspendue à la boutonnière, sans compter ceux qu’on emploie à surveiller les plâtras et à garder les pavés : faibles défenseurs plus imposants par ce qu’ils furent que par ce qu’ils sont.

Les chambres d’invalides ressemblent , alors, à celles des auberges de villages, mais la plus grande propreté y règne ; l’air et la lumière y circulent librement ; les murs sont peints en jaune à la colle et mouchetés de portraits de Napoléon ; chaque lit a pour annexe une armoire, et est au besoin entaillé au chevet d’une échancrure où s’adapte la jambe de bois du dormeur. Si les dortoirs ne sont point chauffés, du moins le nombre des couvertures accordé à chaque pensionnaire est porté  d’une à trois en raison de la rigueur du froid, et, pendant les journées d’hiver, de spacieux chauffoirs exclusivement réservés aux fumeurs, et d’autres où la pipe est interdite.

La sollicitude dont on entoure les invalides redouble en proportion de leurs infirmités. Le service de santé, organisé avec la régularité la plus scrupuleuse, est divisé en 2 sections, celle des affecions aigûes et celle des affections chroniques. la dernière comprend des valétudinaires, soumis plutôt à un régime hygiénique qu’à un traitement médical, et dont l’âge, compliqué par des rhumatismes, est la principale maladie. La plupart s’accomodent difficilement de la diète et de la tisane gommée, et si le médecin en chef leur accorde la permisson de sortir, ils figurent souvent sur le rapport du lendemain avec une note comme celle-ci :N°15. Rentré dans un état d’ivresse. L’infirmier ajoute sur la dictée du docteur :Lui supprimer le vin ; ne lui laisser mettre que la capote de l’infirmerie.

Ceux dont les vieilles blessures ne se sont jamais complètement fermées se présentent tous les matins au bureau des pansements où on leur administre les secours que leur état nécessite. Les dimanches, les officiers de santé s’assemblent en conseil, et reçoivent solennellement les pétitions orales desinvalides ; il faut aux uns des gilets de flanelle, aux autres des lunettes,des bandages herniaires,etc. la oncurrrence est active, les réclamations sont nombreuses ; ce que l’on a accordé à Pierre, Paul veut l’obtenir, et les membres du conseil, compatissants pour les faiblesses morales et  physiques, mettent tout le monde d’accord par une répartition presque égale de leurs bienfaits.

Les invalides asez séniles et assez âgés pour avoir besoin des soins accordés à l’enfance ou pour être nourris comme des nouveaux-nés, des mains officiieuses les servent avec empressement. On appelle ces quasi-centenaires les moines lais, nom donné jadis aux soldats estropiés que le roi plaçait dans les abbayes de sa nomination. Les plus écrépis sont relégués à l’infirmerie, et notamment dans la salle de la Victoire, réceptacle des misères humaines affublé come par ironie d’une fastueuse dénomination, espèce d’antichambre de la tombe, où chacun attend son tour avec une apathique philosophie.

Jeune fille visitant son pere

Jeune fille venant visiter son père

…………………………………………………………………………………………………………………………………

Souvent, les vétérans, dans leurs intervalles lucides,  se prennent à regretter de n’être pas restés sur le champ de bataille, quand la mort leur apparaissait glorieuse, presque digne d’envie, et le front ceint d’une radieuse auréole ; mais, grâce au ciel, leur étape en ce monde ne tarde pas à s’achever. Chapelains, chirurgiens, pharmaciens leur prodiguent secours spirituels et temporels tandisque leur yeux sont fermés par les soeurs de charité de St-Vincent-de Paul qui veillent au lit de mort des hommes de guerre.

Pourquoi n’a-t-on pas mis à exécution le projet de Napoléon, qui songeait à convertir l’esplanade en Elysée militaire ? on jette les soldats qui meurent à l’hôtel dans un coin du cimetière du Mont-Parnasse ; leurs noms sont oubliés ; quelques coups de fusils sont toute leur apothéose, et la noire croix de bois qui s’élève un moment sur leurs tombes se confond bientôt avec la poussière du dernier séjour.

Source : article L’Invalide de  Emile De la Bédollierre dans  Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du XIXe siècle éditée par Léon  Curmer. Réédité par  Omnibus en février 2003.

 

 







nouvelle vision |
CEVENNES ET CAUSSES |
marjo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | cours smi S3
| morenita1334
| Psychogenealogie