L’Hôtel des Invalides : L’Annexe d’Avignon

30 09 2007

A Avignon, pendant 49 ans, se trouvait une annexe des Invalides dont voici les origines :

En 1303, fut fondé, dans cette ville,  l’Université de droit d’Avignon. En 1564, suite au Concile de Trente, 4  jésuites arrivent  de Rome, à Avignon, pour fonder un collège. En 1589, Louise d’Ancezune finance un noviciat de jésuite. Les terrains sont acquis rue des Vieilles-Etudes où était située les premiers bâtiments de l’Université. 1768, Le roi de France Louis XV occupe Avignon. Il fait expulser immédiatement les jésuites et exige du pape la dissolution de leur ordre. 1773 : Le pape accepte de dissoudre l’ordre des jésuites en France. La ville d’Avignon lui est rendue. Le noviciat est racheté par les religieuses de Sainte-Praxède. 1790 : Le noviciat est fermé.1801 : Le bâtiment devient une succursale de l’hôtel des Invalides de Paris. 

Dans cette annexe, ce sont les mêmes habitudes, modifiées par le calme de l’existence départementale, et par une surveillance plus facile, en ce qu’elle ne s’exerce que sur 500 hommes. L’état sanitaire est plus satisfaisant, et la longévité plus grande  sur les bords du Rhône que sur les rives de la Seine. Quant aux bâtiments de la succursale avignonnaise, ils se composent de 2 maisons  conventuelles, dont l’ancienne distribution a été presque entièrement conservée. Au milieu de lacour principale est une fontaine  avec une inscription qui seraient peu goûtée des buveurs, s’ils entendaient le latin : Naïas/Hospitas/Martis .Traduit mot à mot, cela donne : Fleuve/Hôpital/Militaire, en clair Hôpital  Militaire du Fleuve. 

Le parc de la succursale, planté d’ormeaux et de platanes, est divisé en larges allées qui portent les noms d’Iéna, d’Austerlitz, de Wagram, etc. Les murs qui l’environnent  présentent un résumé de l’histoire militaire de France depuis 1792 jusque sous Louis-Philippe, leurs dates, les noms de ceux qui s’y distinguèrent leurs belles actions, leurs paroles mémorables ; c’est un Panthéon en plein vent. 

En 1850, le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte supprime cette succursale, et, en  1852, il remet les bâtiments à la Ville.  Pourquoi le Prince-Président ordonna-t-il cette fermeture ?

Des décennies pacifiques (sauf la guerre en Espagne et la conquête de l’Algérie) succédant aux continuelles campagnes napoléoniennes le flux d’invalides militaires fut tari à la source : la réduction de leur effectif permettait l’accueil de tous dans l’Hôtel de Paris.
La seconde République cherchant à réaliser des économies sur le budget de l’état, et sur celui de l’Armée en particulier, la décision fut prise de fermer la succursale d’Avignon. Pour celle-ci les alertes avaient été nombreuses : déjà, en 1802, à peine ouverte elle faillit être condamnée. à
la Restauration l’ordonnance royale du 12 Septembre 1814 supprime toutes les succursales, celle d’Avignon fut sauvée par une ordonnance du 16 Décembre il d’après le compte qui nous a été rendu que le climat d’Avignon était plusfavorable à la santé et aux habitudes d’un certain nombre de nos invalides , l ‘argument de la salubrité était d’ailleurs véridique, le taux moyen de mortalité des invalides y était de 71% contre 91,7% à Paris.

Une nouvelle menace de suppression fut écartée en 1820, mais en 1850 l’Hôtel de Paris, réaménagé avec 4000 places n’avait que 2899 pensionnaires et Avignon en avait 483 et un déficit de 60 000 francs. Le décret du 27 Février 1850 décide la mise en application de l’ordonnance de suppression du 12 Septembre 1814. Ni les pétitions, ni les arguments humanitaires  » à son âge, habitué qu ‘il est, depuis tant d’années, à la douceur du climat du midi, que va-t-il en résulter pour lui ? un surcroît de douleur et puis une mort prochaine « , ni l’argument économique de la suppression d’un établissement  » qui faisait vivre unefoule de petites industries, qui versait dans la caisse municipale 30 000 francs par an et consommait dans la ville un million  » toutes les interventions furent vaines.
Les invalides intransportables restèrent à l’hôpital civil d’Avignon, d’autres furent recueillis par leurs familles mais 340 furent dirigés sur Paris.
Le 6 Novembre 1850 à 14 heures, précédés d’un détachement du 120 régiment de Chasseurs à Cheval avec leur colonel et le maire d’Avignon, les invalides les plus robustes, marchant lentement, gagnent l’île de la Barthelasse où deux bateaux à vapeur, spécialement équipés, sont amarrés sur la rive gauche du Grand Rhône. Les autres sont à leur tour transportés et installés à bord dans la journée du 7. Ils sont accompagnés par l’Adjudant Major Pierre Boisse, commandant en second de la succursale, par le chirurgien-major Lézat, par l’aumônier et par du personnel infirmier et de services.
Les bateaux lèvent l’ancre le 8 Novembre au matin mettant un terme à l’histoire à la succursale de l’Hôtel des Invalides d’Avignon.

L’annexe des Invalides devient alors l’hospice civil Saint-Louis mais ce dernier doit égalemet  femer  en 1892.

En 1987, L‘aile nord du bâtiment devient un hôtel de prestige dont l’aménagement est fait par l’architecte Jean Nouvel. Les autres ailes sont réparties entre un Institut supérieur des techniques du spectacle et des services du Festival d’Avignon.

L'ancien noviciat des Jésuites 

L’ancien noviciat des Jésuites

Sources : - article L’Invalide de  Emile De la Bédollierre dans  Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du XIXe siècle éditée par Léon  Curmer. Réédité par  Omnibus en février 2003.

-Structurae

-Louis CABIAC 1774-1854 : »Du ruisseau aux Invalides », Epopée d’un Bagnolais de
la Révolution au Second Empire.
Pierre THIENARD Dépoy légal 1er trimestre 2003 ©Tous droits réservés


Actions

Informations



Laisser un commentaire




nouvelle vision |
CEVENNES ET CAUSSES |
marjo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | cours smi S3
| morenita1334
| Psychogenealogie