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L’officier en retraite

22122007

Elzéar Blaze, capitaine de la Garde, prit sa retraite en 1830. En 1837, il publia La Vie Militaire sous l’Empire. Ce livre est une série de tableaux de la vie militaire de l’époque et fourmille d’anecdotes. Voici ce que nous dit Elzéar Blaze sur l’officier en retraite  sous Napoléon 1er :

« Pendant les trente années qu’un officier passe au service, il pense tous les jours à l’époque où, recevant sa retraite, il pourra, libre de tout devoir, agir à sa fantaisie, planter ses choux ou les faire planter. Lorsque l’heure a sonné, quand il est installé dans sa petite ville, ordinairement il s’ennuie. Sa vie était coupée chaque jour par des événements, par des épisodes ; elle va couler dans une effrayante uniformité. Heureux s’il a choisi pour sa résidence une ville de garnison. Dans ce cas, l’heure de la parade, l’arrivée d’un régiment, une grande manoeuvre, sont pour lui des bonnes fortunes qu’il ne manque jamais.

L’officier en retraite, dans son habit bourgeois, a toujours quelque chose qui sent le régiment. Sa cravate noire laisse voir un passepoil blanc ; son gilet porte des boutons à numéro, et chez lui on le trouve toujours en bonnet de police ; sa robe de chambre est un vieux frac raccourci de six pouces.Il ne dit pas : Je vais faire ma toilette mais Je vais me mettre en tenue. S’il conduit sa femme pourvoir la manoeuvre,car l’officier en retraite est essentiellement marié, son attention est absorbé par les commandements ; il voit les fautes et les indique à ses voisins. Si l’on se dispose à faire un changement de front, il ne manque pas de dire Otons-nous de là, ma bonne, ils vont venir par ici.

Donnez un rendez-vous à l’officier en retraite, il arrivera toujours le premier ; l’exactitude militaire ne s’oublie jamais. Il ne dira pas : J’irai vous voir après-midi, mais, après la parade. Les mots parades, exercice, manoeuvre, sont incrutés dans son cerveau. Pour lui, son régiment était le premier de l’armée. Mettez-le sur ce chapitre, etvous en entendrez de belles. Cet esprit de corps qui réunit deux mille hommes autour d’un même drapeau prend sa source dans les plus nobles sentiments, peut-être s’y glisse-t-il une légère dose d’amour-propre ;au reste, sans amour-propre que ferait-on ?

L’officier compte souvent ses années de service, ses campagnes, ses blessures ; il connaît par coeur la loi sur les retraites et le tableau qui la suit. Il calcule toujours à quelle époque arrivera le nouveau grade si longtemps attendu, grade qui doit nécessairement augmenter le tarif relativement à lui………………………………………………………………………………. ….. ………………………………………………………………………………………………………………………………. ……………………………………………………………………………………………………………………………………..

Dans la carrière de la gloire, on gagne bien des choses : la goutte et des rubans, une pension et des rhumatismes. Ouf ! Ma jambe, le temps va changer. Aïe !Mon bras, le baromètre baisse. Et puis, les pieds gelés, un membre de moins, une balle qui s’est logée entre deux os et que le chirurgien n’a pu se retirer. Que dis-je, une balle, deux balles, dix balles ! J’ai connu de braves soldats dont la peau ressemblait à une écumoire et qui portaient dans eux-mêmes du plomb en suffisante quantité pour aller à la chasse un jour d’ouverture. Que de hasards dans ce monde !…Les uns étaient blessés toutes les fois qu’ils allaient au feu, d’autres revenaient toujours sains et saufs.

Tous ces bivouacs par la pluie et la neige, toutes ces privations, toutes ces fatigues éprouvées dans la jeunesse, on les paye en devenant vieux, lorsqu’on a pris sa retraite. Par la raison qu’on a souffert jadis, il faut souffrir davantage, ce qui ne serait pas bien juste. Les appointements sont moins forts, mais en compensation les besoins sont doublés.

Quelquefois l’officier en retraite utilise ses loisirs par un travail honorable ; dans ce cas, il passe du strict nécessaire à l’honnête aisance. Les vieux troupiers sont en nombre dans les comptoirs des négociants, dans les bureaux des ministères. L’exactitude à remplir leurs nouveaux devoirs est pour eux une nouvelle consigne ;  il est en général bon mari, bon père, un peu brusque, un peu bourru, mais brave homme.

S’il en est qui travillent pour passer leur temps et pour augmenter leur revenu, il en existe beaucoup qui ne font rien et ne veulent rien faire. Ceux-là s’ennuient du matin au soir, ils vont rôder autour des casernes, et bien souvent ils seraient tentés de demander la permission de commander une pause d’exercice.Tel un boutiquier, retiré du commerce, ne sait plus quoi devenir du momentqu’il ne cause plus avec la pratique.

D’autres se retirent à la campagne ; ils soignent leur jardin et chassent tant qu’ils peuvent  ; ils ont raison, ce n’est pas moi qui les blâmerai. J’en ai connu qui n’auraient accepté d’emploi de personnes à aucun prix. Après une obéissance de trente années, ils se délectent dans cette douce pensée qu’ils sont leur maître ; que pour aller, venir, manger, dormir, ils n’ont plus de permission à demander, et qu’ils sont libres d’agir en tout suivant leur propre volonté.

Un capitaine de cavalerie, sur le point d’obtenir sa retraite, fit une singulire proposition au plus vieux trompette de son régiment.

-Mon ami, lui dit-il, je vais me retirer à la campagne ; je possède une petite maison, quelques arpents de terre et ma pension ;avec tout cela,  j’espère vivre à mon aise. Si tu veux m’accompagner, nous planterons des choux et nous les mangerons ensemble.

-Si je le veux ! Je crois bien que je le veux.

-Eh bien, je vais te faire obtenir ton congé, mais j’y mets une condition.

-Laquelle?

-Tu feras à la campagne, chez moi, le même service qu’au régiment. Tu sonneras le réveil, l’appel, le pansage, l’exercie, la parade, etc.

-Capitaine, je sonnerai tout ce que vous voudrez !

Nos gens partent, arrivent et s’installent dans une modeste habitation où le capitaine était enchanté d’être son maître et de pouvoir disposer de son temps à sa fantaisie. A certaines heures, le trompette, après avoir fait résonner l’instrument guerrier, arrivait tout essouflé dans la chambre de l’officier.

-Eh bien, qu’est-ce ?

-Capitaine, le régiment monte à cheval.

-Il a raison le régiment, à sa place je ferais comme lui ; à ma place, il ferait comme moi, je me moque du régiment.

Ce brave capitaine ne disait pas précisément : Je me moque, il se servait d’une expression plus colorée, mais je n’ose pas l’employer ici.

Ces dignes offciiers de cavalerie…ils jurent toujours. Nous autres fantassins, nous sommes infiniment plus réservés. Le capitaine se levait tard, quelquefois il ne se levait pas du tout. Il fumait sa pipe, regardait pousser les choux, et riait sous cape en entendant le trompette recommencer périodiquement ses harmonieux solos.

-Eh bien, qu’est-ce ?

-Mon capitaine, grande manoeuvre aujourd’hui.

-Je m’enmoque.

-Temps superbe.

-Tant mieux, mon ami,  je m’en moque.

-Parade.

-Bon !

-Pansage.

-Excellent.

-Inspection.

-De mieux en mieux.

-Exercice à cheval.

-Je m’y attendais.

-Et puis demain la revue du maréchal.

-A la  bonne heure, parbleu, j’en étais sûr ! Et là-dessus, il partait d’un éclat de rire.

-Eh bien, tu diras que je m’en moque..Et je vais me coucher.

Source : Souvenirs d’un officier de la Grande Armée. La vie militaire sous le premier Empire du capitaine Elzéar Blaze, Librairie des Deux Empires 2002.

anciens soldats

Illustrations du livre « lendemains d’Empire » de Nathalie Petiteau

 




-II :Les Femmes

21122007

Il ne faut pas croire que dans l’armée Napoléonienne,  seul le sexe fort était représenté: Il y avait aussi des femmes. Certes, la majorité d’entre elles étaient surtout cantinières, toutefois quelques-unes s’illustrèrent comme soldat. En voici deux parmi les plus célèbres :

-1°)  Angélique Duchemin, veuve Brulon :

Angelique Duchemin

Portrait tiré du livre « L’Hotel des Invalides » de Anne Muratori-Philip,collection « La mémoire des lieux », éditions Complexe

Marie-Angélique Josèphe Duchemin nait le 20.01.1772, fille de soldat. Ses deux jeunes frères , Charles (4 ans) et Thomas (2 ans) sont déjà inscritssous lescontrôles du Limousin comme enfants du corps admis à la solde.

Fille et soeur de soldats, Angélique épouse,le 9.07.1789, à Ajaccio, un soldat : André Brulon, une jeune recrue du régiment. Hélas, deux ans plus tard,  le caporal Brulon est tué dans une escarmouche,en Corse, lors d’une lutte de clans. Il laisse une veuve de 20ans, une fillette de 2 ans et un nouveau-né qui ne survivra pas aumalheur. Dans son désarroi, Angélique revêt l’uniforme et devientcaporal-fourrier,fonction qu’elle parvient à coïncider avec l’éducation de sa fille.

Le hasard choisit Angélique pour assurer la défense  de la citadelle de Calvi (Corse), menacée par les rebelles à la solde des Anglais. Son courage force l’admiration, mais n’empêche pas, hélas, la capitulation.

Rapatriée en France, elle retrouve sa famille,sous les ordres du général Bonaparte,à la conquête de l’Italie. Durant cette campagne, la mort lui ravit son père et ses deux frères. En novembre 1797, âgée de 25 ans, son corps blessé, usé, la faisant souffrir atrocement, elle dépose une demande d’entrée à l’Hôtel des Invalides. Après 7 années de démarches incessantes, elle parvient au but en 1802. 

A l’Hôtel des Invalides, Angélique ne reste pas inactive; elle prend immédiatement en main le magasin d’habillement qu’elle gérera jusqu’en 1836. Et il ne se passe pas une visite royale ou princière sans que l’on fasse escale dans son petit deux pièces du corridor Bellegarde

L’unique femme-soldat-invalide est de toutes les cérémonies. En décembre 1837, elle assiste, dans son uniforme, aux fuérailles grandioses du général Damrémont où Berlioz joue son Requiem des Morts.

En revanche,  Angélique, est invisible chaque fois que Napoléon vient aux Invalides car elle tient celui-ci pour responable de la mort de son mari. Malgré ses griefs, elle rêve d’obtenir la légion d’honneur. Tous les gouverneurs s’efforceront de la lui obtenir. Louis XVIII lui conférera bien le grade honorifique de sous-lieutenant invalide et la décoration du Lys, mais il faut attendre le gouverneur Jérôme Bonaparte pour qu’on lui accorde enfin la croix si longtemps refusée. C’est ainsi qu’un jour de 1852, alors qu’il se rend sous le dôme pour se recueillir sur la tombe de son gloreiux oncle, le prince-président Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) épingle lafameuse croix sur la poitrine  de la veuve Brulon, alors âgée de 80 ans. Angélique est la première femme décorée de la Légion d’Honneur.

Le 13.07.1859, elle s’éteint entourée de ses vieux compagnons.

Source : L’Hotel des Invalides » de Anne Muratori-Philip,collection « La mémoire des lieux », éditions Complexe

 2°) Thérèse Figueur, dite Sans-Gêne, veuve Sutter :

Therese Figueur

Portrait se trouvant au dos de couvertre du  livre « Histoire de la dragonne Thérèse figueur »

Elle naquit à Talmay (Côte d’Or), le 17.01.1774, et est orpheline à 9 ans.Son oncle maternel l’emmène à Avignon. La Révolution éclate, elle est alors auneuse de drap. Après la proscription des Girondins, en 1793,  Avignon se révolte contre la municipalité jacobine. Son oncle Joseph,royaliste, est chargé de commander une compagnie de canonniers. Thérèse, devenue une belle jeune fille de 18 ans,  ne le quitte pas d’un pouce.  L’oncle accepte que sa nièce s’habille en homme afin qu’elle puisse l’accompagner partout, même en campagne. Face au républicains du général Carteaux, les fédéralistes ne tiennent pas longtemps et Thérèse et son oncle sont faits prisonniers.

Emmenés en Avignon, ils sont présentés à Carteaux qui laisse le choix à Thérèse entre la guillotine ou s’enrôler pour la République. Elle accepte et obtient la vie sauve pour son oncle,elle gagne aussi son surnom de Sans-Gêne qui lui est attribuée par le général. Thérèse est incorporée aux Chasseurs Allobroges et se retrouve au siège deToulon où elle rencontrera un jeune capitaine du nom de Bonaparte.  

Le 4.04.1794, après la prise de Toulon, Thérèse est incorporée au 15eme dragons et fait campagne à l’Armée des Pyrénées Orientales contre les Espagnols et est au siège de Figuières. Elle participe ensuite à la campagne d’Italie oùelleretrouve Bonaparte, mais comme général en chef cette fois mais faisant constamment partie desgarnisons, elle n’a pas l’occasion de s’illustrer sur les champs de bataille. En l’an VI (1798),elle est en Suisse. Cette même année 1798, son régiment embarque pour l’Egypte, mais elle est de ceux qui restent au dépôt de Marseille.

Début 1799, les dragons du 15e en dépôt à Marseille sont intégrés au 9eme dragons.

Au cours de la bataille de Savigliano (18.09.1799), elle est blessée et prisonnière. Passant pour une sorcière, elle va être brûlée….Miracle, grâce à l’archiduc Charles et au prince de Ligne elle échappe à la mort et est libérée. Elle se retrouve alors à Paris où Bonaparte vient de prendre les rênes du pouvoir. Ce dernier accueille avec joie, à St-Cloud, celle qu’il appelle le petit Sans-Gêne.

En 1805, elle est à la capitulation d’Ulm, puis à Austerlitz. L’année suivante, elle est à Iéna, et est blessée grivèvement en poursuivant les Prussiens, sur la route de Berlin, à la suite d’une chute de cheval. Elle doit revenir à Paris où, après un séjour à l’hôpital de la Charité, elle passe 18 mois hors de service dans une chambre louée rue de Bourgogne.

1810 : Sur sa demande, elle est attahée à un régiment de la Jeune Garde envoyé en Espagne. Elle est à Bayonne, Vittoiria et Burgos.  Si elle sait se battre, elle sait aussi montrer de la compassion envers la populace, en lui donnant à manger et en soignant les malades et blessés, aussi le peuple espagnol l’a-t-il adopté. Son attitude lui sauve la vie :Fi nuikket 1812, aux alentours de Burgos, elle tombe entre les mains de la bande  du guerillo Merino; reconnue, elle évite la mort et est envoyée, à la place, en Angleterre. Heureuse-ment, les pontons ne sont pas pour elle ; à la place, elle est assignée à résidence, dans le village de Bolderwood, chez un tailleur. ellereste,ainsi, prisonnière jusqu’en 1814. L’abdication de Napoléon la libère et elle retrouve la France.

1815 : Thérèse n’est pas à Waterloo,en revanche, elle fait le »coup de feu » à la barrière de Vaugirard.

Le 2.07.1818, elle se marie avec Clément Sutter, dragon rescapé de la campagne de Russie dont elle sera veuve 11ans plus tard.

Le 4.01.1861, à85 ans, elle décède à l’hospice des Petits-Ménages, inconsolable den’avoir pasreçu la Croix des mains de l’Empereur.

le romande Sans-Gêne 

Couverture du livre de Colette Piat « Thérèse Figueur, Le roman de  la vraie madame Sans-Gêne

Sources : - Histoire de la Dragonne ou Les campagnes de Mademoiselle Thérèse Figueur, de 1793 à 1815, texte écrit sous sa dictée par St-Germain leduc,dossier historique par Robert Ouvrard,éditions Cosmopole ;

-Thérèse Figueur, Le roman de  la vraie madame Sans-Gêne de Colette Piat

Vous en saurez plus sur les femmes dans l’armée Napoléonienne en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.histoire-empire.org/articles/cantiniere/femmes_aux_armees_de_napoleon.htm




I-Les Hommes

21122007

Voici quelques-uns de ces glorieux vétérans qui s’illustrèrent dans la grande Armée Impériale.

Louis-Victor Baillot :

Louis-Victor Baillot

Né à Percey (Yonne), le 9.04.1793.  Il fit partie de la seconde levée en masse de juillet 1812 et entra au service en qualité de fusilier  àla3me compagnie du 3eme bataillon du 105e régiment d’infanterie de ligne, le 25.11.1812. Il fit la campagne d’Allemagne de 1813 et participa à la bataille de Wittenberg, le 17.04.1813, fut aux opérations militaires dans le Mecklembourg et au siège de Hambourg, sous Davout,  en septembre 1813. Rentra en France en avril 1814 et fut licencié le 13.08.  Rappelé en qualité de fusilier au 105e de ligne en avril 1815. Fit la campagne de Belgique à l’Armée du Nord. A Waterloo (18.06.1815, dans l’après-midi) , il reçut un coup de sabre à la tête; le 19, il fut fait prisonnier de guerre et emmené en captivité sur les pontons anglais et fut libéré en 1816 ; il fut réformé lamême année comme phtisique . Il reçut, en 1857, la médaillede Ste-Hélène, et,en 1896, fut décoré de la légion d’Honneur. Il décéda, dans sa maison, à Carisey (Yonne), le 3.02.1898, à l’âge de 104 ans,9 mois et 24 jours. Sa sépultur, au cimetière de Carisey, fut restaurée en 1998 par l’association « Les Amis du Patrimone Napoléonien »

Source : Documentation de Jean-Pierre Bibet,des Amis du Patrimoine Napoléonien

Jules-Frédéric De Corday :

Jules-Frédéric de Corday

Ce pett cousin de Charlotte de Corday est né au Renouard (Orne), le 21.06.1788. Il s’enrôle dans la cavalerie de la Grande Armée en 1806. Il fait les campagnes de Prusse et Pologne (1806-07) comme sous-lieutenant au 9eme chasseurs ; à l’armée de Naples, en 1808 ;  l’ Autriche en 1809, il est blessé, le 5.07, à Wagram, de 2 coups de sabres sur la tête en chargeant; il passe lieutenant le 23.08 ;  Calabre en 1810 ; Russie en 1812, le 3.11, à Viazma, étant d’ordonnance près du général d’Ornano une balle lui traversa la jambe droite en cherchant à rallier de l’infanterie;1813 et 1814 à la Grande Armée ; capitaine adjudant-major le 8.01.1815 ; capitaine aux chasseurs de la Vendée le 8.05.1816 ;1823 en Espagne, il est alors capitaine- commandant au 3e régiment de Chasseurs des Ardennes.  Il est rayé des contrôles le 16.01.1824.

En ce qui concerne les décorations, Jules-frédéric de Corday est :Chevalier de St-Louis, de la Légion d’Honneur et de St-Ferdinand d’Espagne, médaillé de Ste-Hélène.

En 1807, après la campagne de Pologne, il fut présenter,lors d’un bal de la Cour, par le maréchal Kellerman à l’impératrice comme cousin de Charlotte de Corday. Aussitôt, Joséphine  lui posa de nombreuses questions sur sa célèbre cousine. Il répondit qu’il était trop jeune pour l’avoir connue elle-même mais qu’il en avait entendu parler par sa famille, et tous les membres s’accordaient pour dire qu’étant enfant tout annonçait en elle qu’elle serait une femme supérieure. Avoir Charlotte comme cousine avait été pour lui un véritable passe lorsqu’il se présenta à Mayence pour s’enrôler car il avait omis de se munir des papiers nécessaires et  on le menaçait de le renvoyer chez lui. Il s’était alors écrié : Je ne puis cependant pas retourner dans ma Basse-Normandie. Je suis bien Frédéric de Corday, né au Renouard ! Le maréchal Kellermann se trouvait dans lesbureaux.Ayant entendu celà, il demanda à  notre personnage si il était bien de la famille à Charlotte de Corday,celui-ci ayantrépondu par l’affirmative le maréchal dit :Cela suffit ! Avec un pareil nom, vousn’avez pas besoin  d’autres pièces !

Jules-Frédéric de Corday, après avoir quitté le service, s’installa à Breteuil sur Iton (Eure) et en fut maire de 1851 à 1852. Il meurt le 6.12.1871, à 83 ans.

Source : Dictionnaire des médaillés de Sainte-Hélène dans l’Eure, volume I

Jacques-Paschal Monnier :

Monnier

Né le 20.04.1778 à St-Martin-aux-Buneaux (Seine-Maritime). Le jour de sa naissance, son père,marin, était en mer. Il a 5 frères et deux soeurs.

 Le 2.10.1789, à 11 ans, il est mousse sur le Saint-Valéry, bâteau de pêche d’un de ces oncles, jusqu’au 2.04.1792. Du 1.10.1792 au 22.12.1792, il est sur le Saint-Nicolas. Du 2.03.1793 au 4.01.1794, sur le Port Peltier. Le 4.04.1794, le Port Peltier est appelé au service de l’Etat comme transport, Jacques-Paschal,toujours en qualité de novice y restera jusqu’au 26.09. Il passe alors sur le Philippe Nicolas pour une courte période de pêche du 2.12 au 27.01.1795 et il reprend du service sur La Laurette (corvette), embarquement au Havre,du 2.04.1795au 7.04.1796. Du 8.04 au .03.1797, le voici sur la frégate l‘Incorruptible, capitaine Bescond, en qualité de matelot, qui, accompagné d’une petite escadre, part de l’Ile de Walcheren (Pays-Bas), pour une course en mer du Nord, le 15.07.1796. Un navire anglais, Le Glatton,  hèle l‘Incorruptible, mais ce dernier finit par s’échapper et rentre, son mât de misaine assez gravement endommagé, dans l’estuaire de l’Escaut.

Du 8.03.1797 au 10.04, Monnier est sur l’Insolent (canonnière,capitaine Brouelle), puis,du 3.05 au 24.07, sur Le Charles (bâteau de transport,capitaine Godin). Du 25.07.1797 au 11.07.1801,il est matelot ou aide-canonnier sur les bâteaux suivants : l’Enigme (canonnière, capitaine Jade), la Circonstance (canonnière), la Canonnière n°1, le St-Jean (bateau), la Carmagnole (frégate, capitaine Hubert), le Jeune Adrien (bateau), la Libre (frégate), le Succès (cutter).

Le 25.04.1800, à bord de la Carmagnole,en qualitéd’aide-canonnier, il participe,dans l’estuaire de l’Escaut, en compagnie de l’Incorruptible, la Poursuivante, la Désirée, sous les ordresdu capitaine Castaing chef de la division, contre 7 frégates, corvettes, cutter britanniques portant 144 canons. La Désirée est enlevée en15 mn!..Les autres bateaux font voile sur Flessingue, où ils arriveront sans autre ennuis. Jacques-Paschal est, heureusement, à bord de la Carmagnole.

Le 12.07.1801, à bord du  Succès, il participe au sauvetage de deux équipages espagnols durant le débarquement ouest de Gibraltar. Ces deux navires, le Real Carlos et le San Hermenegilde, se sont canonnés mutuellement alorsqu’un navire anglais avait attaqué l’un d’eux!..La riposte fut une affreuse méprise, car les 2 navires ayant fait leplein de munitions sautèrent presque en même temps.

Le 31.08, le Succès (Monnier à son bord) et La Bravoure partent pour Livourne, dans le but d’aller au ravitaillement, les deux frégates s’échoueront,car elles naviguent au plus près du rivage, et seule le Succès pourra être relevé.

Du 22.01.1804 au 30.03.1807, Jacques-Paschal est sur La Providence et c’est dans cette période que se situe Trafalgar. Il mentionne dans une lettre adressée au ministre de la guerre qu’il avait pris en 1804 le commandement du transport 243 d’artillerie, ce transport est inscrit dans le répertoire général de la marine comme ayant pour nom : La Providence ! Effectivement,dans les archives de la Marine Nationale, on trouve trace de ce commandement, mais seulement en ce qui concerne l’intendance et les frais  de subsistance. Toutefois, il fautnoter que  La Providence 243 est indiqué dans les archives de Cherbourg comme un bâtimentfaisant partie de la flotte du Nord, prévue pour « la descente en Angleterre ». Il  est possible que ce bâtiment ait fait office de ravitailleur puisqu’il est porté sur les registres comme transport d’artillerie et, que de ce fait, il ait assisté,mais de loin à la fameuse bataille.

En 1809, il est sur le Dalmate (vaisseau de haut bord, capitaine Mossin), ancré à Anvers,  comme maître-canonnier, jusqu’au 6.04.1811. Muni d’une permission spéciale, il vient, le 6.02.1811,à St-Martin aux-Bruneaux pour se marier avec Marie-Angélique Hedouin.

Maître-canonnier de 1ere classe à bord du Friedland (lougre,capitaine Jean Coudein), faisant partie de l’Armée Navale d’Anvers composée de 18 vaisseaux, sous les ordres du Vice-Amiral Burgues Missiessy, il est  présenté lorsd’uneinspection,le20.09.1811 à Napoléon 1er par le ministre de la marine, Decrès, contre-amiral, et l’Empereur lui dira : Je me souviendrai de toi !.

Monnier contine à naviguer au service de l’Etat du 4.12.1813 au 1.09.1814, sur le Pacificateur, capitaine Osewaerde (officier hollandais) et le Tromp.

En 1815, la monarchie rétablie, Jacques-Paschal se consacre à la pêche et au cabotage. Il passe, au Havre, l’examen de Maître au Cabotage, et, est reçu le 19.07.1817.Il est breveté Capitaine le 2.09.1819.

En 1816, alors qu’il commandait le Jean-Baptiste de St-Valéry-En-Caux, en qualité de capitaine-patron, il participa à une actionde sauvetage lors d’un naufrage en mer,au large de St-Valéry-en-Caux,relaté par lui-même,et parceux qu’il sauva (11 hommes sur 18 de l’équipage) et dont il est faitmention sur son état de service édité par l’Inscription Maritime de Fécamp. 

Il sera patron, maître au cabotage ou capitaine  jusqu’en septembre 1846.

Matelot sur Le St-François, Patron sur le St-Victor, sur le St-Jacques, sur le Jean-Jacques, sur le Jean-Baptiste, Maître sur le Jeune Arthur, sur le Renard, sur le Saint-Adrien, sur l’Aline, sur le Saint-Paul, sur le Cérès et l’Adelphine.

Dans l’entretemps, pardécret du 18.05.1829,décision n°298, il fut admis demi-solde.

Capitaine, en 1826, sur le Saint-Adrien, direction la Corogne ; le 24.05.1843, capitaine de l’Adelphine, pour un nouveau voyage, et d’autres encores qui se succèderont jusqu’en 1849,année où il prend sa retraite etseretire à Fécamp

En novembre 1852,il envoie une lettre au ministre de la Marine, en citant ses états de service pour obtenir la Légion d’Honneur. Sa demande est transmise et  enregistrée le 27.11, mais, la croix ne lui sera,finalement, attribuée qu’en 1865.

Il décède en 1869, à 90 ans.

Source : Documentation de madame Nadine Delafosse

Vous trouverez d’autres vétérans en cliquant sur ce lien

http://www.histoire-empire.org/docs/veterans/veterans.htm




L’arrêté du 25 fructidor an IX

12122007

L’une des premières préoccupations du futur Empereur, après son coup d’état du 18 brumaire an VIII (9.11.1799) fut le sort des braves soldats à la retraite n’ayant que leur maigre pension  pour survivre, tous n’étaient pas forcément aux Invalides . Aussi, le 25 fructidor an IX (12.09.1800),  un arrêté déclarait que les gardes-champêtres seraient désormais choisis parmi les vétérans. Voici l’arrêté en question :

« Les Consuls de la République, sur le rapport du ministre de l’intérieur ; le conseil d’état entendu,  Arrêtent ce qui suit : Art. Ier : Les gardes champêtres des communes seront, à l’avenir, choisis parmi les vétérans nationaux et autres anciens militaires. 

-       II : Le  ministre de la guerre enverra à chaque préfet l’état nominatif des vétérans et anciens militaires résidant dans le département, et en état de remplir les fonctions des gardes champêtres. Les préfets feront passer aux sous-préfets la liste des vétérans et anciens militaires de leur arrondissement.

-      III. Lorsqu’il y aura lieu à nommer un garde champêtre, le maire le choisira parmi les individus de la commune ou des communes les plus voisines compris dans l’état des vétérans nationaux et anciens militaires de l’arrondissement, dont le sous-préfet lui aura donné connaissance, sur sa demande ;il soumettra son choix à l’approbation du conseil municipal.

-      IV Lorsque le conseil municipal d’une commune aura approuvé  le choix  d’un vétéran ou ancien militaire pour garde champêtre, le maire de la commune en donnera avis au sous-préfet de l’arrondissement.

-    V. Le sous-préfet donnera une commission de garde champêtre au vétéran ou ancien militaire, lequel se rendra dans la commune qui l’aura nommé ; il se présentera au maire, qui visera sa commission,  et le fera reconnaître en qualité de garde champêtre..

-  VI   Les vétérans ou anciens militaires gardes champêtres seront en tout traités comme l’étaient les gardes champêtres des communes ; ils seront soumis aux mêmes obligations.

-  VII Les dispositions du présent arrêté  ne sont point applicables aux communes dans lesquelles les salaires du garde champêtre n’équivaudraient pas à la somme de cent quatre-vingt francs par an.

-  VIII Les ministres de l’intérieur et de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera inséré au Bulletin des lois.

Le premier consul, Bonaparte. Par le  premier Consul : le secrétaire d’état, signé Hugues B. Maret. Le ministre de l’intérieur,  signé  Chaptal ». 

Lesrenseignements ci-dessus et les illustrations ci-dessous m’ont été envoyés par Hédi ZAHAF conseillé historique de la fédération nationale des gardes champêtres communaux et intercommunaux de France

gardes-champêtres Garde-champêtre et gendarmes

                                                                       Un garde champêtre

 Un Garde-Champêtre en 1795, gravure tiré  du livre « Histoire de la société Française » édité par Nathan.

veteran et enfants le vétéran-garde-champêtre salué par les enfants du village.







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