-II :Les Femmes

21 12 2007

Il ne faut pas croire que dans l’armée Napoléonienne,  seul le sexe fort était représenté: Il y avait aussi des femmes. Certes, la majorité d’entre elles étaient surtout cantinières, toutefois quelques-unes s’illustrèrent comme soldat. En voici deux parmi les plus célèbres :

-1°)  Angélique Duchemin, veuve Brulon :

Angelique Duchemin

Portrait tiré du livre « L’Hotel des Invalides » de Anne Muratori-Philip,collection « La mémoire des lieux », éditions Complexe

Marie-Angélique Josèphe Duchemin nait le 20.01.1772, fille de soldat. Ses deux jeunes frères , Charles (4 ans) et Thomas (2 ans) sont déjà inscritssous lescontrôles du Limousin comme enfants du corps admis à la solde.

Fille et soeur de soldats, Angélique épouse,le 9.07.1789, à Ajaccio, un soldat : André Brulon, une jeune recrue du régiment. Hélas, deux ans plus tard,  le caporal Brulon est tué dans une escarmouche,en Corse, lors d’une lutte de clans. Il laisse une veuve de 20ans, une fillette de 2 ans et un nouveau-né qui ne survivra pas aumalheur. Dans son désarroi, Angélique revêt l’uniforme et devientcaporal-fourrier,fonction qu’elle parvient à coïncider avec l’éducation de sa fille.

Le hasard choisit Angélique pour assurer la défense  de la citadelle de Calvi (Corse), menacée par les rebelles à la solde des Anglais. Son courage force l’admiration, mais n’empêche pas, hélas, la capitulation.

Rapatriée en France, elle retrouve sa famille,sous les ordres du général Bonaparte,à la conquête de l’Italie. Durant cette campagne, la mort lui ravit son père et ses deux frères. En novembre 1797, âgée de 25 ans, son corps blessé, usé, la faisant souffrir atrocement, elle dépose une demande d’entrée à l’Hôtel des Invalides. Après 7 années de démarches incessantes, elle parvient au but en 1802. 

A l’Hôtel des Invalides, Angélique ne reste pas inactive; elle prend immédiatement en main le magasin d’habillement qu’elle gérera jusqu’en 1836. Et il ne se passe pas une visite royale ou princière sans que l’on fasse escale dans son petit deux pièces du corridor Bellegarde

L’unique femme-soldat-invalide est de toutes les cérémonies. En décembre 1837, elle assiste, dans son uniforme, aux fuérailles grandioses du général Damrémont où Berlioz joue son Requiem des Morts.

En revanche,  Angélique, est invisible chaque fois que Napoléon vient aux Invalides car elle tient celui-ci pour responable de la mort de son mari. Malgré ses griefs, elle rêve d’obtenir la légion d’honneur. Tous les gouverneurs s’efforceront de la lui obtenir. Louis XVIII lui conférera bien le grade honorifique de sous-lieutenant invalide et la décoration du Lys, mais il faut attendre le gouverneur Jérôme Bonaparte pour qu’on lui accorde enfin la croix si longtemps refusée. C’est ainsi qu’un jour de 1852, alors qu’il se rend sous le dôme pour se recueillir sur la tombe de son gloreiux oncle, le prince-président Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) épingle lafameuse croix sur la poitrine  de la veuve Brulon, alors âgée de 80 ans. Angélique est la première femme décorée de la Légion d’Honneur.

Le 13.07.1859, elle s’éteint entourée de ses vieux compagnons.

Source : L’Hotel des Invalides » de Anne Muratori-Philip,collection « La mémoire des lieux », éditions Complexe

 2°) Thérèse Figueur, dite Sans-Gêne, veuve Sutter :

Therese Figueur

Portrait se trouvant au dos de couvertre du  livre « Histoire de la dragonne Thérèse figueur »

Elle naquit à Talmay (Côte d’Or), le 17.01.1774, et est orpheline à 9 ans.Son oncle maternel l’emmène à Avignon. La Révolution éclate, elle est alors auneuse de drap. Après la proscription des Girondins, en 1793,  Avignon se révolte contre la municipalité jacobine. Son oncle Joseph,royaliste, est chargé de commander une compagnie de canonniers. Thérèse, devenue une belle jeune fille de 18 ans,  ne le quitte pas d’un pouce.  L’oncle accepte que sa nièce s’habille en homme afin qu’elle puisse l’accompagner partout, même en campagne. Face au républicains du général Carteaux, les fédéralistes ne tiennent pas longtemps et Thérèse et son oncle sont faits prisonniers.

Emmenés en Avignon, ils sont présentés à Carteaux qui laisse le choix à Thérèse entre la guillotine ou s’enrôler pour la République. Elle accepte et obtient la vie sauve pour son oncle,elle gagne aussi son surnom de Sans-Gêne qui lui est attribuée par le général. Thérèse est incorporée aux Chasseurs Allobroges et se retrouve au siège deToulon où elle rencontrera un jeune capitaine du nom de Bonaparte.  

Le 4.04.1794, après la prise de Toulon, Thérèse est incorporée au 15eme dragons et fait campagne à l’Armée des Pyrénées Orientales contre les Espagnols et est au siège de Figuières. Elle participe ensuite à la campagne d’Italie oùelleretrouve Bonaparte, mais comme général en chef cette fois mais faisant constamment partie desgarnisons, elle n’a pas l’occasion de s’illustrer sur les champs de bataille. En l’an VI (1798),elle est en Suisse. Cette même année 1798, son régiment embarque pour l’Egypte, mais elle est de ceux qui restent au dépôt de Marseille.

Début 1799, les dragons du 15e en dépôt à Marseille sont intégrés au 9eme dragons.

Au cours de la bataille de Savigliano (18.09.1799), elle est blessée et prisonnière. Passant pour une sorcière, elle va être brûlée….Miracle, grâce à l’archiduc Charles et au prince de Ligne elle échappe à la mort et est libérée. Elle se retrouve alors à Paris où Bonaparte vient de prendre les rênes du pouvoir. Ce dernier accueille avec joie, à St-Cloud, celle qu’il appelle le petit Sans-Gêne.

En 1805, elle est à la capitulation d’Ulm, puis à Austerlitz. L’année suivante, elle est à Iéna, et est blessée grivèvement en poursuivant les Prussiens, sur la route de Berlin, à la suite d’une chute de cheval. Elle doit revenir à Paris où, après un séjour à l’hôpital de la Charité, elle passe 18 mois hors de service dans une chambre louée rue de Bourgogne.

1810 : Sur sa demande, elle est attahée à un régiment de la Jeune Garde envoyé en Espagne. Elle est à Bayonne, Vittoiria et Burgos.  Si elle sait se battre, elle sait aussi montrer de la compassion envers la populace, en lui donnant à manger et en soignant les malades et blessés, aussi le peuple espagnol l’a-t-il adopté. Son attitude lui sauve la vie :Fi nuikket 1812, aux alentours de Burgos, elle tombe entre les mains de la bande  du guerillo Merino; reconnue, elle évite la mort et est envoyée, à la place, en Angleterre. Heureuse-ment, les pontons ne sont pas pour elle ; à la place, elle est assignée à résidence, dans le village de Bolderwood, chez un tailleur. ellereste,ainsi, prisonnière jusqu’en 1814. L’abdication de Napoléon la libère et elle retrouve la France.

1815 : Thérèse n’est pas à Waterloo,en revanche, elle fait le »coup de feu » à la barrière de Vaugirard.

Le 2.07.1818, elle se marie avec Clément Sutter, dragon rescapé de la campagne de Russie dont elle sera veuve 11ans plus tard.

Le 4.01.1861, à85 ans, elle décède à l’hospice des Petits-Ménages, inconsolable den’avoir pasreçu la Croix des mains de l’Empereur.

le romande Sans-Gêne 

Couverture du livre de Colette Piat « Thérèse Figueur, Le roman de  la vraie madame Sans-Gêne

Sources : - Histoire de la Dragonne ou Les campagnes de Mademoiselle Thérèse Figueur, de 1793 à 1815, texte écrit sous sa dictée par St-Germain leduc,dossier historique par Robert Ouvrard,éditions Cosmopole ;

-Thérèse Figueur, Le roman de  la vraie madame Sans-Gêne de Colette Piat

Vous en saurez plus sur les femmes dans l’armée Napoléonienne en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.histoire-empire.org/articles/cantiniere/femmes_aux_armees_de_napoleon.htm


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