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Le bûcher des Invalides

7032008


Le 5.03.1813, pour la dernière fois, l’Empereur vint à l’hôtel des Invalides revoir ses braves. Rangés dans la cour d’honneur, les invalides furent passés en revue, lentement, et à chacun d’eux l’Empereur adressa une bonne parole. Il les appelait par leur nom, leur parlait des batailles où ils avaient été ensemble, et attachait sur la poitrine des plus vaillants l’étoile de la Légion d’honneur. A l’infirmerie, le gouverneur lui présenta quatre centenaires qui avaient été à Fontenoy. L’Empereur les questionna longuement et leur remit des récompenses. Et comme il se doutait de l’avenir, et que cette visite était la dernière, il resta longtemps parmi les invalides, s’inquiéta de leurs besoins, de leurs affaires intimes, et ne partit que vers le soir.
Bientôt arrivèrent les mauvais jours. La fortune abandonna l’Empereur. Trahi, malheureux, ayant jusqu’au bout lutté pour maintenir le prestige de la France, ses gloires et son honneur, Napoléon déposa la couronne et abdiqua à Fontainebleau. Les Alliés pénétrèrent dans la capitale ; leurs cohortes vinrent bivouaquer aux portes mêmes de l’ancien temple de Mars.
Vainement tous ceux qui, aux Invalides, pouvaient encore tenir une arme coururent se ranger autour du maréchal Moncey. Un seul matin vit disparaître les trophées amassés pendant vingt ans des victoires.
Les Alliés vont peut-être envahir l’hôtel, réclamer les drapeaux conquis sur leurs soldats. Comment les sauver ? Faut-il les défendre jusqu’à la mort ? Mais une poignée d’hommes mutilés ne peuvent rien contre une armée entière.
Le maréchal Sérurier alors, prenant conseil de son désespoir, accomplit un acte de sublime grandeur. Un bûcher, comme jamais de plus glorieux n’a été allumé en aucun temps, est apprêté. On y jette en tas les drapeaux ennemis (1.417 en tout), ainsi que l’épée et les insignes de Frédéric II. Un grand tourbillon de feu s’élève dans les airs et toute l’épopée impériale, réduite en cendres, s’éparpille au vent sur les bords de la Seine.
Quelques débris furent sauvés par les invalides et cachés soigneusement. Ils attestent aujourd’hui la grandeur impériale et cette page immortelle de l’histoire de France.
Pour les invalides, l’Empereur ne mourut qu’en 1841, au retour des cendres. On les vit alors, dans leurs vieux uniformes, entourer le cercueil du héros, et malgré leur grand
âge, leurs blessures, leurs fatigues, réclamer le droit de veiller, jour et nuit, sur les restes de leur Empereur.

le maréchal Sérurier
Le maréchal Sérurier (doc. personnelle)

Source : – Article de Jean de Mitty : Les Vétérans, tiré du livre « La Vieille Garde Impériale », édition Le Livre Chez Vous
-
Dictionnaire biographique des généraux et amiraux Français de la révolution et de l’Empire, tome 2







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