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Le Retour des Cendres de l’Empereur

8092007

Depuis la mort de l’Empereur, le 5 mai 1821 à Ste-Hélène,  le corps de celui-ci fut, à de nombreses reprises, réclamé par sa mère, Laetitia Bonaparte née Ramolino, celle-ci, dans son adresse au gouvernement britannique Les cendres de son fils. Aussi, suite à ce mot, bien des Français s’imaginèrent que les Anglais avaient osé incinérer le cadavre de Napoléon Ier. Mais, jusqu’à présent, les différents gouvernements Français et Anglais refusèrent d’acquiescer à cette demande légitime. Toutefois, à partir de 1830, lorsque Louis-Philippe arrive au pouvoir, l’espoir que les dernières volontés de l’empereur :  Je désire reposer au milieu de ce peuple Français que j’ai tant aimé, soient enfin respectées renaissent. Un  grand nombre de poètes et d’écrivains se font les chantres de cette requête, en tête, avec son Ode à la Colonne, de octobre 1830, Victor Hugo :

Dors ! Nous t’irons chercher ! Ce jour viendra peut-être ! 

                              Car nous t’avons pour Dieu sans t’avoir eu pour maître. 

Car notre exil s’est mouillé de ton destin fatal ; 

                                       Et, sous les trois colonnes comme sous l’oriflamme, 

Nous ne nous penchons pas à cette corde infâme 

                                        Qui t’arrache à ton piédestal ! 

                                          Oh, va ! Nous te ferons de belles funérailles ! 

Nous aurons bien aussi peut-être nos batailles, 

                                            Nous en ombragerons ton cercueil respecté ! 

Nous y convierons tour, Europe, Afrique, Asie, 

                                                  Et nous t’amènerons la jeune poésie 

Chantant la jeune liberté ! 

Un premier geste est fait, en 1833 , en replaçant la statue de l’Empereur sur la colonne Vendôme.  A cette époque, à la Chambre des Députés, le général Lamarque s’exclamait : La mort n’avait pu glacer les cendres de l’Empereur  ! Escorté des pleurs de ses vieux compagnons d’armes, qu’il revienne dans un cercueil Celui qui, au milieu des acclamations de la France,revint si souvent sur un char de triomphe !

Les députés passèrent à l’ordre du jour, cependant, Louis-Philippe s’entourait de plus en plus d’anciens serviteur de l’Empereur et, l’Arc-de-Triomphe de l’Etoile fut achevé. Le 12 mai 1840, la décision est enfin prise de ramener le corps de l’Empereur.

Le 7 juillet,  La Belle Poule, suivie de La Favorite, appareille de Toulon pour Ste-Hélène. le 8 décembre, à Cherbourg, a lu le transbordement du cercueil à bord du vapeur  Normandie, bâteau du service public de la Seine. Durant tout le voyage jusqu’à Paris, il y a foule sur les berges, et celle-ci, au passage de l’empereur, fait soit le signe de croix,soit se met à genoux,et certains vétérans qui sont là crient Vive l’Empereur.

Le 14 décembre, les fils du roi s’inclinent devant le cercueil,et le maréchal sSoult se met à genoux à son tour devant l’Empereur ne pouvant s’empêcher de pleurer. Les Anciens ont revpetu leurs veux uniformes et, beaucoup traînant la jambe, ont pris le chemin de Neuilly. Par un froid de -8°, ils veulent veiller sur le dernier sommeil de l’empereur. Des feux s’allument. Roulés dans leurs manteaux, tout comme autrefois, les vétérans se croient revenus à l’époque où le petit Tondu faisait la guerre avec leurs jambes et r^vent à la gloire passée.

Le 15 décembre, à midi l’Empereur fait une entrée inoubliable dans la capitale. Le canon tonne ; les caisses raisonnent ; la foule crie  : Vive l’Empereur, Vive Louis-Philippe, Vive le grand Napoléon, Vive mon vieux Napoléon. 86 sous-officiers,représentant chacun un des 86 départements, scandent le pas ; guidé par un chambellan à la livrée de l’Empereur, un destrier gris caparaçonné de viollet, sellé du siège de velour cramoisi et or du jour de Marengo, trotte d’un pas allègre. 300 marins de La Belle-Poule précèdent l’état-major de la frégate.  Le char mortuaire arrive, devançé de valets de pied auxlivrées impériales. le maréchal Oudinotn duc de Reggio, le maréchal comte Molitor, l’amiral baron Duperré, le général Bertrand tiennent les cordons du poêle…Des familiers de l’Empereur, des dignitaires militaires et civils, des régiment, des gardes nationaux ferment le cortège.  Le peuple s’agenouille. Nombre de gens s’avançent et baisent le crêpe du char.

A 2h30, le cortège arrive aux Invalides. Trop haut, le char ne peut les franchir. On le laisse à droite, et 80 sous-officiers vétérans s’avancent. Ces anciens devraient porter le cercueil à l’intérieur de l’église. La bière lourde à leurs vieilles épaules, ils n’y parviennnt pas : 36 matelots de La Belle-Poule  viennent aussitôt à les suppléer.
Le maréchal Moncey, gouverneur des Invalides, âgé de 87 ans,s’est fait porter dans son fauteuil jusqu’au pied du catafalque. Depuis 8 jours, il suppliait son médecin :Docteur, faites-moi vivre encore un peu. Je veux recevoir l’Empereur !

A l’entrée du Dôme, Louis-Philippe s’avance au-devant du cortège. A sa demande, Bertrand place l’épée de Napoléon sur le cercueil et Gourgaud y dépose le chapeau légendaire.

Lorsque fut terminé le long service religieux, on entendit Moncey murmurer :A présent, rentrons mourir !

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Le maréchal gouverneur Moncey s’incline devant le cercueil. Photo tiré de l’Hotel des Invalides de Anne Muratori-Philip

Sources : -Napoléon, de André Castelot ;  Les 5 cercueils de l’Empereur, souvenirs inédits de Philippe-de Rohan-Chabot, commissaire du roi Louis-Philippe ; Itinéraire de Napoléon au jour le jour, de Louis Garros et de Jean Tulard

                                         




Les Représailles de Louis XVIII

19082007

3 mai 1814 : Louis XVIII revient pour la première fois à Paris, ce sont les vieux grognards qui constituent sa garde d’honneur. Ecoutons Chateaubriand : Je ne crois pas que figures humaines aient jamais exprimé quelque chose d’aussi menaçant et d’aussi terribles. Ces grenadiers couverts de blessures, vainqueurs de l’Europe, qui avaient vu ant de milliers de boulets passer sur leurs têtes, qui setaient le feu et à la poudre ; ces mêmes hommes, privés de leur capitaine, étaient forcés desaluer un vieux roi, invalide du temps, non de la guerre, surveillés qu’ils étaient par une armée de Ruesses, d’autrichiens et de prussiens, dans la capitale envahie de Napoléon. les uns, agitant la peau de leur front, faisaient descendre leur large bonnet à poils sur leurs yeux comme pour ne pas voir ; les autres abaissaient les deux coins de leur bouche dans le mépris de la rage ; les autres, à travers leurs moustaches, laissaient voir leurs dents comme des tigres. Quand ils présentaient les armes, c’éait avc un mouvement de fureur, et le bruit de ces rmes daisait trembler. Jamais, il faut en convenir, hommes  n’ont été mis à une pareille épreuve et n’ont souffert un tel  supplice. Si dans ce moment ils eussent été appelés à la vengeance, il aurait fallu les  exterminer jusqu’au dernier,  où   ils   auraient   mangé  la    terre.                                                                                                                                                                    

Le roi ne peut guère garder à son service de tels hommes. Aussi, le 12 mai, une ordonnance royale réduit de moitié le nombre des régiments d’infanterie et diminue les unités des autres armes. Un nombre considérables de postes d’officiers sont ainsi supprimés.

Le 1er mars 1815, Napoléon revient de l’île d’Elbe en débarquant à Golfe-Juan. Les Cent-Jours commencent. Si, en apprenat la nouvelle, quelques officiers restent fidèles, malgré tout, à Louis XVIII, la majorité de l’armée se rallie à l’Empereur. Le roi doit quitter Paris et se régugier en Belgique, à Gand ; mais ce n’est que pour un court moment : Waterloo met fin définitivement au règne de Napoléon et Louis XVIII revient dans la capitale Française pour toujours, et, cette fois, il compte se montrer bien plus dur envers les soldats de son rival.

Les premières représailles tombent le 1er août : Ce jour-là, une ordonnance annule toutes le spromotions des Cent-Jours privant d’un grade ou d’une croix ceux qui s’étaient battus bravement en Belgique. Le 3, les officiers sublaternes en non-activités touchent désormais les 4/5emes de leur traitement. Le 9 novembre, une loi autorise les tribunaux à priver en tout ou en partie de leur traitement ou pension les individus « convaincus d’avoir invoqué le nom de l’usurpateur« . Le 8 janvier 1816, les difficultés du Trésor font maintenir en demi-solde les officiers rentrés dans leurs foyers. Mais la vengeance du roi ne s’arrête pas là : Certains des invalides du Premier Empire qui bénéficiaient jusque là d’une pension voient celle-ci se réduire de moitié ;  d’autres, comme Joseph Guillaume Mouret, retiré en 1810 avec le grade de capitaine, demeura en 1818 pendant pus de 7 mois sans toucher sa solde de retraite. Pancrace Parraud fut, lui, prié d’entrer au service de la vétérance en dépit de ses infirmités et de ses 2 enfants en bas âge, il refuse finalement de se plier à cette exigence et perd sa pension. En 1822, les veuves de militaires ne peuvent prétendre à une pension que si elles ont été mariées 5 ans avant la cessation d’activité de leur époux et si celui-ci a eu au moins 20 ans d’activités et qu’il ait rendu à l’etat des services éminents, reconnus par décision spéciales du roi.  Inutile de dire que les veuves de militaire de l’Empire n’avaient que peu de chances de se voir s’accorder une pension.

Le roi, en agissant ainsi, cherche à faire le plus possible, oublier les vétérans de Napoléon 1er, à fairedisparaître toutes traces d’eux ; mais c’est l’effet inverse qui est obtenu. Les romanciers, comme Balzac, s’emparent de ces personnages en en faisant des légendes.

Le duc d’Orléans comprend très vite le parti qu’il peut tirer en venant au secours de ces « vieux débris de la Grande Armée », et ces agents leur rendent souvent visite. Louis-Philippe se fait ainsi de nombreux partisans parmi les gens du peuple. En 1831, A partir de 1831, alors qu’il sera devenu « Roi des Français », le sort des vétérans commencera à s’améliorer enfin.

 Les Représailles de Louis XVIII dans De la chute a la Resurrection demi-s10 

Un groupe d’anciens de la Grande Armée discutant entre eux 

Source : Natalie Petiteau : Lendemains d’Empire, les soldats de Napoléon dans la France du XIXe siècle







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