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La Médaille de Ste-Hélène

16092007

                                                   Le 12.08.1857,  3 jours avant la St-Napoléon, Napoléon III fait paraître le décret suivant : Voulant honorer par une distinction spéciale, les militaires qui ont combattu sous les drapeaux de la France dans les  grandes guerres de 1792 à 1815. Avons dcrété et décrétons ce qui suit :

Art. I : une médaille commémortive est donnée à tous les militaires français et étrangers des armées de terre et de mer qui ont combattu sous nos drapeaux de 1792 à 1815.  Cette médaille sera en bronze et portera d’un côté l’effigie de l’Empereur, de l’autre pour légende : Campagnes de 1792 à 1815/A/Ses/Compagnons/De gloire/sa dernière/Pensée/Ste-Hélène/5 mai/1821.Elle sera portée à un ruban vert et rouge, suspendue à la boutonnière…. »(1)

Lors de l’ouverture de la session législative de 1858, Napoléon III s’expliqua ainsi : J’ai voulu qu’une médaille vienne rappeler à tous ceux qui avaient servi dans nos armées, la dernière pensée de leur chef. Plus de 300 000 hommes en France et à l’étranger, ont demandé cette médaille, souvenir de l’épopée impériale et en la recevant, ils ont pu se dire avec fierté : »Et moi aussi, je fasais partie de la Grande Armée », paroles que l’Empereur à Austerlitz, avait raison de leur montrer comme un titre de noblesse.

En Prusse, l’organe gouvernemental : La Nouvelle Gazette signale qu’en Hesse Rhénanie des sociétés de vétérans caressent  les souvenirs du 1er Empire et s’affublent de ses originaux.

A la même époque, parut une anti-médaille de Ste-Hélène en métal blanc, même dimension, même aspect général, même ruban que la vraie, mais représentant au verso un grognard unijambiste et manchot avec, comme légende, le nombre des morts et des blessés durant les campagnes de 1792 à 1815.

Malgré ces attaques, la médaille de Ste-Hélène conserva son prestige. On demanda un jour à un vieux grognard s’il n’eut pas préféré recevoir la Légion d’Honneur, il répondit : la légion d’honneur, tout le monde est susceptible de la recevoir, la médaille de Ste-Hélène, seuls les ancens grognards peuvent se la voir octroyer.

La première distribution officielle eut lieu à Paris le 15.08.1857. ce jour-là, à une heure, Napoléon III décora lui-même : Son oncle, Jérôme-Napoléon ; le maréchal Vaillant, ministre de la Guerre ; l’amiral Hamelin, ministre de la marine ; les maréchaux Magnan et Pelissier, duc de Malakoff ; le maréchal comte Baragay d’Hillier Ornano, gouverneur des Invalides, et bon nombre de généraux de division et de brigade, d’ amiraux, de vice-amiraux et de contre-amiraux.

Des ecclésiastiques eurent droit à la décoration : Le pape pie IX, qui servit au 1er escadron du 1e régiment des Gardes d’Honneur en 1813 ; Monseigneur Pilly, évêque de châlons ; M. Laroque, curé de Saint-Ambroise à Paris. l’Empereur élargit le droit à la médaille de Ste-Hélène aux femmes ayant été employées dans les armées impériales.

Dans la théorie, seuls les demandeurs ayant prouvé qu’ils avaient servi dans la grande armée devaient recevoir cette décoration, mais, dans la pratique il en alla différemment. Un grand nombre de ces anciens combattants ne purent apporter leurs états de service, ceux-ci ayant été pedus ou volés par les Prussiens durant l’invasion. dans ces cas-là, l’opinion du maire comptait pour beaucoup.

Cette médaille n’était pas donnée à titre posthume, et, si le destinataire décédait avant de la recevoir, elle retournait au ministère de la Guerre.

La distribution de la médaille provoqua l’apparition sur toutes les routes de france de nombreux mendiants arborant la Ste-Hélène, mais, après enquête ordnnée par le préfet, il s’ensuivit que bon nombre d’entre eux  n’y avaient aucun droit  et s’en servaient juste pour apitoyer les passants.

Plusieurs vétérans, dans leur hâte d’accrocher cet insigne le fixèrent et le perdirent presque aussitôt. A combien se porte le nombre de titulaires de cette décoration ? la réponse, vu l’incendie des archives de lalégion d’honneur causé par les communards en 1871 n’est pas aisée. Toutefois, la consultation des dossiers de demandes de cette médaille  aux archives départementales permet d’y voir un peu plus clair. Aux archives départementales de l’Eure, on peut voir qu’un vétéran de la commune de Quillebeuf, un dénommé Louis-Guillaume Marie, est sûrement l’un des derniers récipiendaires car il reçut la Ste-Hélène le 21.07.1870, soit 2 mois avant la fin de la chute du Second Empire, et il porte le n°404 800. Le nombre de médaillés ne doit donc pas dépasser les 405 000. Surtout que certains de ces vieux grognards reçurent cette décoration en double, voir en triple exemplaire, car, parcequ’ils avaient déménagé, de peur que le maire de leur anciennes commune néglige de faire suivre la médaille, ils se réinscrivaient dans la nouvelle ; ou, encore,  voyant que leurs amis avaient reçu la médaille et que, eux non, ils pensaient que, dans les hauts sphères on les avait oublié et faisaient donc une nouvelle demande. Aussi, faut-il donc revoir le nombre de décorés à la baisse, plutôt dans les 300 000, je pense.

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Notes : (1) Bien plus tard, pour la Croix de Guerre de 1914-18, on ‘inspira largement de la médaille de Ste-Hélène et de la couleur du ruban. 

Sources :  S.B.E.N (article de J. Declercq), J.EC.O.D (article du dr. P. Roger ; C.F.F.H. (article de Jean Fougère) ; Symboles et Traditions (article de Daniel Werba) ; Dictionnaire du Second Empire dirigé par Jean Tulard ; Archives Départementales de l’Eure.




De la décoration du Lys à la Ste-Hélène

16092007

De 1792 à 1815, l’Europe se ligua contre la France révolutionnaire, d’abord, consulaire et Impériale ensuite. Après la chute de Napoléon Ier, les divers gouvernements, à commencer par l’Espagne, distribuèrent des croix et des médailles commémoratives.

En France, il n’était évidemment pas question pour Louis XVIII de faire une médaille récompensant les soldats de Napoléon Ier, ces derniers l’ayant, à travers l’étranger, combattu pendant près de 20 ans. Par contre, dès 1815, il instaura la décoration du Lys, récompensant tous ceux qui lui étaient restés fidèles et avaient combattu de quelques façons que ce soit celui que les nobles appelaient l’Usurpateur. Toutefois, parmi ceux qui eurent cette décoration on trouve d’anciens officiers de Napoléon 1er qui avaient accompagné le roi à Gand. L’ officier de la Révolution et de l’Empire dont on ne s’attendait sûrement  pas à ce qu’il ait cette médaille, et qui dut probablement révolter les Vendéens si jamais ceux-ci l’apprirent, n’est autre que le général Turreau, celui des « colonnes infernales« . Certes, celui-ci s’était rallié au roi en 1814, comme beaucoup d’autres généraux d’ailleurs, mais tout de même…………

Pour Charles X, à son accession au trône, tout comme pour son frère Louis XVIII, il n’était évidemment pas question non plus de récompenser de quelques façons que ce soit les vétérans de la Grande Epopée. Quand à Louis-Philippe, si il fit ramener les cendres de l’Empereur, il toléra à peine le port des commémoratives non-officielles philantropiques, dont la plus connue est celle des Débris de l’Empire…On en portait de semblables en Belgique et parmi les Polonais.  Peut-être l’attitude de Louis-Philippe s’explique par le fait que la formidable liesse qui s’empara des Français lors du retour du corps de Napoléon Ier dut lui faire penser qu’il y aurait danger à faire plus pour la mémoire de l’Empereur. Après tout, n’avait-il pas aussi, dès le début de son règne, fait réinstaller la statue de l’Empereur sur la colonne Vendôme ?

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Réunion d’anciens grognards.

En 1847, de son côté, en Angleterre, la reine Victoria créa une médaille commémorative pour les soldats britanniques ayant combattu de 1795 à 1814 ;   les combattants de Waterloo en disposèrent déjà d’une  11 jours après la bataille.

Le Prince-Président, Louis-Napoléon Bonaparte, désirait depuis longtemps honorer les anciens militaires de la Révolution et de l’Empire. toutefois, il dut attendre son coup d’état du 2.12.1851 pour pouvoir intervenir en leur faveur. Dès le 14, était créée une mesure de secours viagers pour les anciens combattants sans ressources, en fonction de leur âge, de leurs années de service et de leus blessures. Ainsi furent secourus 651 octogénaires, 4022 septuagénaires et 6360 sexagénaire soit 11033 pensionnés.

Le 14.02.1852, un nommé Jean-Baptiste Schweitzer, ancien économe des hôpitaix de toulon et ex-capitaine de la Garde Nationale, écrivit aux pouvoirs publics une lettre dans laquelle il estimait que l’Armée Impériale a été dénigrée, et pour réparer les « injures » qui lui ont été faites, il proposait de se servir des canons enlevés aux ennemis pr les anciens soldats pour faire fraper des médailles qui serviront à décorer tous ceux qui pourront justifier d’une camagne. La médaile de Ste-Hélène était dans l’air.

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Sources : S.B.E.N. (article de J. Declercq) ; J.E.C.O.D. (art. du dr. P. Roger) ; C.F.F.H. (art. de Jean Fougère) Archives dépatementales de l’Eure, côte 7R ; Dictionnaire du Second Empire dirigé par Jean Tulard.




Louis-Napoléon Bonaparte et le culte de l’Empereur

14092007

Après la chute de l’Empire,  le salon de la reine Hortense, à Rome ou à Arenenberg, devient très vite le rendez-vous des Bonapartists intransigeants. La plupart des complots qui eurent lieu, entre 1816 et 1822, afin de renverser les Bourbons . C’est dans cette atmosphère un peu trouble que grandit le jeune Louis-Napoléon Bonaparte. Celui-ci, eut pour maître d’abord l’abbé Bertrand, chapelain à la cour de Louis Bonaparte, l’ex-roi de Hollande qui tint à l’enfant un langage des plus pacifiques. en 1820, l’abbé est remplacé par Philippe lebas, petit-fils du menuisier Duplay l’ami de Robespierre, fils du conventionnel régicide. Quelques membres de l’entourage de la reine Hortense trouvaient celà aberrant ; pourtant , avec le recul, Napoléon apparait, comme étant l’héritier de la Révolution.

A patir de 1830, avec l’avènement de Louis-Philippe, l’engouement pour l’Empereur est tel que le simple vaudeville qui ne vise que l’amusement n’apparait pas complet si il n’y s’y trouve un hommage à celui-ci. Même Talleyrand,  le vieux traître, s’y met de sa louange :En 1836, il rédige un manifeste  « La fortune que je lègue à mes neveux me vient en grande partie de lui. ms neveux doivent non seulement ne l’oublier jamais, mais l’apprendre à leurs enfants » de façon que le souvenir s’en perpétue de génération en génération, afin que, si jamais un homme portant le nom de Bonaparte se trouve dans une position de fortune où il ait besoin d’être aidé ou secouru, il obtienne de mes héritiers immédiats ou de leurs descendants tous les genres d’assistance qu’il sera en leur pouvoir de lui donner . 

Ce culte pour Napoléon 1er, la mort de son fils, le roi de Rome,  parvenue en 1832, à Schonbrunn, le retour des cendres de l’Empereur en 1840, tout ceci fait réunir auprès du jeune Louis-Napoléon Bonaparte un grand nombre de Bonapartistes, des jeunes mais aussi des d’anciens vétérans comme : Narcisse Vieillard, polytechnicien ayant fait la campagne de Russie, et capitaine d’artillerie ; le comte de  Montholon, qui accompagna l’Empereur à Ste-Hélène ; l’ancien capitaine des chasseurs à cheval de la Garde, et, depuis 1835, lieutenant-colonel de la Garde  Municipale de Paris pendant quelques mois : Parquin.

Le prétendant fera deux équipées qui tourneront mal, une en 1836, à Strasbourg, l’autre, en 1840. il faudra, à Louis-Napoléon Bonaparte, attendre 1848 et la chute de Louis-Philippe pour arriver au pouvoir en tant que président et devenir Empereur sous le nom de Napoléon III  en 1852. En 1857, il montrera qu’il n’a pas oublié les anciens compagnons de son oncle en créant pour eux la médaille de Ste-Hélène.

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Napoléon III

Sources : Le culte de Napoléon, de J. Lucas-Dubreton ; photo : tirée du livre de Pierre Miquel : Le Second Empire « Trésors de la Photographie »
 

 







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